Philippe Monneret est professeur de linguistique à l'Université Paris-Sorbonne. Il a enseigné, jusqu'en 2015, à l'Université de Bourgogne.   Il est   fondateur et directeur des Cahiers de Linguistique analogique, secrétaire général de la revue Le Français moderne et membre du comité éditorial de la revue Romanica Olomucensia

Cours et séminaires 2017-2018

Licence 3

Le cours "Signification et théories linguistiques" aura lieu le mardi de 11h à 13h, Amphi Champollion, à partir du 19 septembre. Accéder à l''enregistrement audio du cours et aux PPT.

Master

Le cours "Introduction aux linguistiques cognitives" aura lieu le mardi de 13h à 14h, salle F051, à partir du 3 octobre.

Accéder à l''enregistrement audio du cours et aux PPT.

Séminaire

Le séminaire "Introduction à la linguistique analogique" aura lieu le lundi de 17h à 19h, dans la bibliothèque de l'UFR Langue française, à partir du 3 octobre.

Accéder à l''enregistrement audio du séminaire et aux PPT.

Les analogies impliquées de la traduction.

Communication au Congrès Mondial de Traductologie. Paris. 

13 avril 2017. Université Paris-Nanterre

PPT de la conférence

Tableau 2 : Alignement de dix traductions de la strophe 1 de The Raven

Colloque Symbolisme phonétique et correspondances transmodales

Université Paris-Sorbonne / 4 et 5 mai 2017

Programme du séminaire de linguistique théorique 2017

Cours et séminaire 2016-2017

Les enregistrements et présentations PPT des cours 2016-2017 sont mis en ligne chaque semaine dans la rubrique "Cours et séminaires". En Master, les cours commencent le lundi 3 octobre.

Langue et condition humaine : Gustave Guillaume et Emile Benveniste

Journée d’études organisée par Olivier Soutet et Philippe Monneret

Université Paris-Sorbonne / Salle des actes / 20 octobre 2016

La question des rapports entre Guillaume et Benveniste relève en premier lieu de l’histoire et de l’épistémologie des sciences du langage. Les deux linguistes, en dépit de la vingtaine d’années qui les sépare – Guillaume est né en 1883, Benveniste en 1902 –, ont développé leur production scientifique dans une période nettement caractérisée par le courant structuraliste, mais au sein duquel ils se sont inscrits d’une manière très singulière. Ces élèves de Meillet n’ont en effet jamais cessé de concevoir l’idée de structure, de système ou de formalisme en rapport avec la thématisation d’un sujet effectuant des opérations mentales chez Guillaume et constituant une instance énonciative chez Benveniste, avec la prise en considération du lien entre la langue et le monde extralinguistique, et

plus largement avec un intérêt central pour la dimension anthropologique de l’étude des langues – autant d’orientations notoirement opposées aux thèses majeures du structuralisme, au moins du structuralisme dit « généralisé ». Or, il semble évident que les orientations énonciatives, cognitives, référentialistes ou indexicales sont aujourd’hui beaucoup plus vivantes que celles qui se réclament d’une visée strictement structurale, définie par le primat de la théorie saussurienne de la valeur, et donc que les apports de Guillaume et de Benveniste semblent avoir survécu au courant dominant de leur époque précisément parce qu’ils n’en n’étaient que marginalement redevables, en raison notamment de la dimension anthropologique de la linguistique qu’ils pratiquaient.

L’orientation directrice de cette journée d’études sera donc d’examiner comment Guillaume et Benveniste incarnent cette appréhension anthropologique de l’étude des langues, selon laquelle l’analyse linguistique est orientée par des questions fondamentales pour l’être humain dans sa globalité, comme être vivant et comme être social. Ainsi, l’analyse linguistique du système verbo-temporel engage la question du temps humain. Ou encore, l’analyse de la personne grammaticale ou du rapport entre langue et discours affronte le problème de la nature du lien qu’établit le langage entre le sujet et le monde. Ces questions, parmi bien d’autres, ont été abordées d’une manière approfondie par les deux linguistes et il sera sans doute instructif de s’interroger sur ce qui les sépare et sur ce qu’ils ont en commun. Ont-ils chacun exploré, via les langues, des facettes différentes de l’humain mais dans une perspective d’ensemble commune ? Ou bien, plus radicalement, leurs conceptions respectives de ce qu’est l’homme dans son rapport au langage sont-elles foncièrement différentes, voire incompatibles ?

Dans une période où les impératifs techniques, économiques et industriels tendent à privilégier l’instrumentalisation des recherches linguistiques et l’obtention de résultats à court terme, on espère ainsi contribuer, à partir des œuvres de deux des plus grands linguistes français, à rappeler que les sciences du langage ont aussi des horizons lointains.

 

Programme 

9h30 Accueil

9h45 Philippe Monneret

Introduction de la journée d’études

10h Irène Fenoglio

« L’anthropologie linguistique d’Emile Benveniste : une épistémologie de l’interprétance »

10h30 Charles de Lamberterie

« L'œuvre scientifique de Benveniste : au-delà de l'opposition artificielle entre théorie et pratique ».

11h Jean-Claude Coquet

« Le statut de la connaissance chez Guillaume et chez Benveniste »

11h30 Francis Tollis

« La dimension anthropologique / anthropogénétique de la linguistique de Gustave Guillaume ». 

 

12h-14h Pause déjeuner

 

14h Franck Neveu

« Singulier/Pluriel - Du nombre chez Gustave Guillaume et chez Émile Benveniste ».

14h30 Marie-Christine Lala

« Les enjeux de la question des instances ».

15h Chloé Laplantine

« Gustave Guillaume, Emile Benveniste : quelle grammaire comparée ? »

15h30 Pause

16h Jeanne-Marie Barberis

« Langage et spatialité. Propositions pour une linguistique anthropologique »

16h30 André Jacob

« Temps et langage »

17h Discussion générale

18h Olivier Soutet

 

Bilan et clôture de la journée d’études

L'iconicité comme problème analogique

Le rôle majeur de l'analogie dans la cognition humaine ne cesse depuis les années 1980 de s'affirmer. Loin d'être limitée, dans la psychologie cognitive contemporaine, à un type de raisonnement (distingué de la déduction, voire de l'induction), l'analogie est désormais considérée comme un processus central, dont dépend notamment la catégorisation mentale, puisqu'une catégorie peut être définie comme un ensemble d'entités analogues selon un certain point de vue. L'innovation théorique que la linguistique analogique apporte à la question de l'iconicité consiste à établir un lien de causalité entre les structures iconiques dans les langues naturelles et les processus cognitifs de type analogique. D'une part l'analogie peut être définie, dans toute sa généralité - qu'il s'agisse d'analogie binaire ou proportionnelle - comme un processus impliquant des similarités ; d'autre part, les structures iconiques se décrivent usuellement comme manifestant une relation de similarité entre formes et contenus. Si l'humain, par son équipement cognitif, possède une grande aisance dans la perception ou la construction de relations analogiques entre les entités qu'il perçoit ou conçoit, il apparaît naturel que les langues présentent des traces de cette capacité fondamentale. On s'attache donc, en revenant notamment à la définition peirciennne de l'icône, à montrer en quoi l'iconicité est un cas de la linguistique analogique et à présenter les principaux enjeux théoriques d'une telle perspective. Lire "L'iconicité comme problème analogique"

Motivation et analogie. Enjeux de la similarité en sciences du langage

Le point de vue que j’adopte ici, pour traiter de la question de la motivation dans les langues, est celui d’une linguistique théorique, au sens guillaumien du terme. « Heur ou malheur, je suis né théoricien, disait Guillaume dans sa Leçon du 7 février 1957. Les attraits de la théorie sont pour moi qu’elle substitue à un voir, qui est celui des faits, un comprendre qui conduit à un voir supérieur, qui est de l’ordre de la compréhension » (Guillaume 1957 : 85). Rejetant les théories directement appuyées sur les faits ou les « hypothèses de travail », au motif « qu’on en peut construire un trop grand nombre pour les mêmes faits », il formule ainsi les conditions qui sont pour lui celles d’une bonne théorie : « La théorie, superlatif du comprendre, doit, pour m'agréer, satisfaire aux conditions formelles suivantes : aller à la rencontre des faits en position antagoniste, certes, mais prendre son départ non pas au fait mais à une exigence absolue, inévitable, et cheminer d'exigences absolues en exigences absolues jusqu'à la rencontre des faits. Le protagoniste de la théorie est alors une certaine exigence absolue, prise en considération au départ, et l'antagoniste est le fait, rencontré lorsque la théorie, comme dit l'Apôtre, "a couru sa course" » (ibid., p. 86) Ainsi, dans le cadre de la réflexion sur la motivation en linguistique qui fait l’objet de ce volume, j’admettrai que de nombreux faits de motivation dans diverses langues ont été décrits, et je me situerai en amont de ces faits pour tenter d’approcher cette exigence absolue à partir de laquelle les faits devront une nouvelle fois être rencontrés. Je n’apporterai donc ici aucune nouvelle donnée linguistique nouvelle, propre à illustrer le concept de motivation – on en trouvera de nombreux exemples dans le présent ouvrage –, mais un cadre théorique général, relevant aussi bien de la linguistique que de la philosophie du langage, dans lequel les faits de motivation trouveront leur place avec, je l’espère, une clarté qui leur donnera force d’évidence. Lire "Motivation et analogie. Enjeux de la similarité en sciences du langage"

Le singulier selon Gustave Guillaume

Parmi les tâches qui incombent aux linguistes s’inscrivant dans la mouvance guillaumienne, la clarification de la terminologie demeure une préoccupation essentielle. Bien que le Dictionnaire terminologique de la systématique du langage (Boone et Joly, 1996) ait marqué une avancée significative à cet égard, le foisonnement du métalangage guillaumien, son évolution ou ses variations au cours du temps, font que de nombreuses questions restent en suspens, non seulement pour qui s’intéresse, en historien, à la genèse de la théorie guillaumienne, mais aussi et surtout pour qui considère que la systématique du langage, nullement réductible à un objet d’histoire, reste une théorie féconde et exploitable pour les linguistes contemporains. Le caractère plus ou moins nécessaire de ce genre de clarification terminologique dépend bien entendu des questions de l’on se pose, ou qui émergent à une époque donnée et c’est sans doute pourquoi certains flottements demeurent invisibles tant que personne n’a éprouvé de gêne à leur endroit. Ainsi, il semble que les lecteurs de Guillaume n’ont guère été embarrassés, jusqu’à présent, par une variation terminologique qui touche pourtant un point crucial de la théorie guillaumienne, sa marque de fabrique la plus notoire : la tension « universel / singulier », qui est explicitement thématisée dès Temps et verbe (Guillaume, 1965 [1929]), et sera symbolisée à partir des années cinquante par le fameux « tenseur binaire ». Cette variation, perçue comme insignifiante, consiste en une alternance du couple « universel / singulier » avec le couple « général / particulier », qui conduit à s’interroger sur le sens des notions de singularité ou de particularité comme sur celui des notions d’universalité et de généralité.  La question qui se pose alors n’est pas tant de savoir si les oppositions « universel / singulier » et « général / particulier » sont indifférenciées pour le linguiste Gustave Guillaume1, mais de déterminer le sens de chacun de ces termes pour en délimiter l’usage possible en systématique du langage, et plus généralement en linguistique, voire en philosophie du langage. On s’attachera ici uniquement à la distinction singulier / particulier, et plus précisément au sens du singulier dans le modèle guillaumien, sujet dont on verra qu’il couvre déjà une très large matière. Lire "Le singulier selon Gustave Guillaume"

L'analogie et l'énigme de l'expression

Il semble si étrange, aujourd’hui, de s’interroger sur le pouvoir intrinsèque du langage : sur le possible linguistique de l’émergence d’un sens neuf, sur le possible linguistique de la compréhension d’un sens qui fut inconcevable. Sans doute est-ce que la linguistique ne cesse – et ne cessera – d’être attirée vers ce qu’elle génère de technique, puisqu’elle est aussi une science du langage, et de se prêter à l’absorption dans de plus vastes domaines, des sciences cognitives à la sociologie, qui, assurément, permettent de justifier les faits linguistiques à partir d’un lieu qui leur est extérieur, mais en les réduisant dans le même mouvement à une activité humaine et sociale parmi d’autres activités humaines et sociales, et finalement comme un vecteur ou un révélateur de l’animal social humain pas plus significatif que sa propension à se nourrir, à habiter des lieux ou à entrer en relation avec autrui. Mais comment ne serait-il pas le plus significatif s’il désigne le geste de signifier ? Sans doute aussi est-ce que notre monde occidental a perdu une part de son habileté à mêler le signe et l’image, pour accentuer, au risque de la rendre irréversible, la séparation de l’information pure, circulation de signifiés affublés de signifiants indifférents, et l’iconicité brute, débauche de signifiants imaginaux dépourvus de signifiés assignables. Utiliser, pour dire cette sorte de rupture icono-sémiotique, le vieux langage de la linguistique saussurienne, ce concept de signe que l’on pourrait aussi bien, comme certains l’ont souhaité, exposer au musée de l’histoire des idées mortes, ce n’est pas s’interdire de dire quelque chose de plus que ce que la tradition a déposé dans ce mot. C’est justement tout le paradoxe ou plutôt toute l’énigme de l’expression que de permettre au langage de se dépasser sans sortir de lui-même, de ne pouvoir produire du neuf qu’avec de très anciennes matières, et de ne jamais signifier qu’en s’adossant à de l’insignifiant. Cette énigme de l’expression, nul n’a, je crois, aussi précisément tenté de la cerner que le Merleau-Ponty de la période dite « intermédiaire ». Lire "L'analogie et l'énigme de l'expression"

La théorie des univers de croyance à l'épreuve de la fiction

Dans un texte intitulé « The will to believe » (« La volonté de croire »), publié en 1896, le grand philosophe pragmatiste, William James, frère aîné du romancier (Henry), présente, au cours de son argumentation, un exemple destiné à illustrer le fait que nos croyances ne sont pas seulement des événements privés, enfermés dans les cerveaux des individus, mais qu’elles peuvent agir sur le réel. Imaginez, dit-il en substance, que, dans un train, vous soyez victime, comme l’ensemble des voyageurs, d’une petite bande de pillards menaçants, qui détrousse les uns et les autres sans que personne n’ose résister. Cette attitude craintive à l’égard des pillards repose sur la croyance dans le fait que personne ne viendra vous aider si votre acte de résistance vous met en danger. Mais si chaque passager possédait la croyance que tous les passagers chercheraient ensemble à maîtriser les pillards dans une telle situation, il est évident que l’acte de résistance serait votre réaction la plus spontanée. Plus généralement, il apparaît ainsi que les actes d’un individu appartenant à un groupe social quelconque sont déterminés, de près ou de loin, par les croyances communes à ce groupe social, et par conséquent que les croyances ont le pouvoir d’agir sur la réalité.

Cette anecdote vise à poser d’emblée que, dans le couple fiction et croyance auquel je m’intéresserai au cours de cette communication, la croyance est envisagée comme une représentation mentale effective, au sens d’un événement ou d’un fait mental réel produit par le système cognitif humain. Ce point de départ indique que l’approche de la fiction que je vais développer s’inscrit dans un cadre apparenté à celui des sciences cognitives.

Plus précisément, l’hypothèse que je propose concerne le processus de lecture, que je définirai comme une relation entre l’univers de croyance du lecteur et les univers de croyance déposés dans un texte par un auteur. Je précise immédiatement que, s’il me paraît incontestable que l’être humain nommé auteur est la cause efficiente des univers de croyance textuels, et qu’en tant que tel, il est susceptible d’affecter ces derniers, la lecture telle que je la conçois n’établit pas de relation directe entre l’univers de croyance du lecteur et l’univers de croyance de l’auteur. Autre précision élémentaire : cette relation est orientée. Il va de soi en effet que si l’univers de croyance d’un lecteur peut être affecté par des univers de croyance textuels, les univers de croyance textuels ne sont pas susceptibles d’être altérés par l’univers de croyance du lecteur.

L'iconicité linguistique chez Bachelard

La poétique de la rêverie se développe chez Bachelard indépendamment de toute sollicitation du champ couvert par les sciences du langage. Non seulement celui-ci se présente comme un « ignorant en linguistique » – ignorance qui, loin d’être négative, semble constituer une condition nécessaire d’accès à la rêverie poétique – mais en outre, les questions de langue qui intéressent Bachelard, et qui portent essentiellement sur le genre grammatical des substantifs, sont selon lui négligées par les linguistes. Il n’est guère surprenant qu’un philosophe, dans les années 1960, définisse son appréhension du langage hors du domaine de la linguistique : le repoussoir d’une discipline qui se rêve science pilote à l’apogée de sa période structuraliste, la menace hégémonique du linguistic turn, qui tend à épuiser toute investigation philosophique dans une interrogation préalable sur les potentialités de la langue, deux bonnes raisons sans doute pour les philosophies du langage de cette époque de se définir dans le cadre d’une philosophie conçue comme autonome, notamment à l’égard des sciences humaines auxquelles la linguistique appartient. Cependant, sans chercher absolument à réconcilier Bachelard avec une discipline dont il s’est fort bien passé, nous voudrions montrer (i) d’une part que la conception de la langue sur laquelle est fondée la Poétique de la rêverie s’inscrit dans une problématique authentiquement linguistique, celle de l’iconicité ; (ii) d’autre part et indépendamment de cette problématique,  que la question du genre grammatical, telle qu’elle est posée dans la Poétique de la rêverie n’a pas été négligée par les linguistes autant que le prétend Bachelard.

Iconicité et analogie

On trouvera dans ce texte quelques réflexions visant en premier lieu à clarifier le concept d’iconicité, à définir ou redéfinir son extension, et ceci notamment dans sa relation avec la notion d’analogie. Il apparaît en effet assez rapidement à qui s’intéresse à toute question relative à la motivation du signe, que les définitions et typologies héritées aussi bien des sémiotiques générales que des linguistiques d’inspiration saussurienne ne permettent guère de saisir avec pertinence les objets dessinés par ce type de questionnement. Interroger le concept d’iconicité, c’est bien entendu interroger le concept d’image. D’ailleurs, si le colloque au cours duquel ce texte a été présenté s’intitulait « Le mot comme signe et comme image », c’est bien que l’on espère que l’image peut ouvrir sur la langue des perspectives que l’appareil conceptuel habituel de la linguistique ne permet pas d’envisager. Ce qui suppose, sauf à tenir un discours fondamentalement métaphorique, que l’image soit définie indépendamment de la visibilité. Quant à l’analogie, dont on croit souvent avoir tout dit en la définissant comme une structure de quatrième proportionnelle, il conviendrait de s’interroger non seulement sur la nature de la relation qui constitue le tertium comparationis de ce type de structure, mais aussi sur l’instance qui perçoit ou construit une telle relation, sans oublier que la distinction entre analogie et ressemblance n’est peut-être pas aussi claire qu’il paraît de prime abord. On se souviendra que Gérard Genette faisait reposer l’essentiel de sa réfutation des mimologistes sur la confusion commise par ces derniers entre analogie et ressemblance (ou plus précisément sur une sur-interprétation de l’analogie en ressemblance). Mais est-il si évident que la première ne se confonde jamais avec la seconde ? Si la ressemblance – ou plutôt la semblance – est elle même fondée sur une analogie, comment distinguer les cas où la relation analogique tolère une extension en semblance des cas où elle ne l’admet pas ?